Dimanche 29 juin 2008 à 21:34



Passer une semaine à la vitesse de la lumière. Se réveiller en pleine nuit pleine de sueur et prendre un bain de minuit ou quatre heures du matin. Jouer de la guitare à deux. Stresser, faire des choses à ne plus savoir quand on a commencé. Préparer, se préparer au choc. Faire des allers-retours souvent inutiles (comme un courant d'air). Passer le plus clair de son temps dans la voiture, augmenter le son du cd du mois et rouler à 130. Se laisser conduire plus exactement. Lire à en avoir mal aux yeux jusqu'à pas d'heure. Actionner le ventilateur. Comater entre deux chapitres. Être avec les mêmes personnes quatre jours d'affiliée. Vous et moi sans répit. Accueillir ses amies en peignoir ou avec une serviette autour du corps les cheveux trempés, jurer d'être prête à temps et y arriver. Déambuler dans Avignon. Avoir la conscience musicale qui se réveille en passant devant la Fnac et acheter Polyester de Daisybox. Ne pas le voir sur la devanture et être un boulet devant le vendeur. Sortir. Faire des grands écarts et des arabesques dans une cabine d'essayage d'H&M. Ecouter Coldplay à fond, cheveux au vent. Descendre deux pots de Hägen-Dasz à trois et faire des abdos. Se maquiller comme jamais, assumer le rôle de méchante qui nous ait confié pour le jour d'après, sur scène. Coiffé, méché maquillé. Répéter, revivre, retrouver la scène, les coulisses, les loges, les gradins, le stress, ami fidèle au creux du ventre qui ne se fait pas oublier. Être allergique au démaquillant dans la nuit. Se réveiller tôt. S'inscrire officiellement en Première S. Entrevoir des anciens, récents anciens en fait puisque ceux de seconde, qui semble déjà bien loin. Aller à Marseille, manger tunisien, revenir et avoir trempé en express dans la piscine. Se refaire maquiller, encore plus noir. Débarquer au gymnase, encore ensemble. Rire, rire, rire et pour rien au monde arrêter. Marquer les pas que ce soir nous forcerons, où nous donnerons tout ce qu'on a dans les tripes. Apporter des places et s'enfuir à toutes jambes pour préserver la surprise. Apposer le rouge à lèvres. Trou noir. Sur scène, sous les projecteurs, c'est à toi. Ils sont dans la salle. Exulter, frissonner, réussir. Des fleurs sur les joues. Réaliser qu'en un claquement de doigts, c'est derrière nous. Danser sur Around the World. Finir la soirée avec une verre de champagne et une tartelette à la fraise. Ne pas supporter de se quitter comme ça. Se revoir quinze heures après pour une énorme glace. Croiser ceux qui auraient pu faire un carton à la fête de la Musique. Dire au revoir pour trois mois à son meilleur ami qui part en Australie. S'échouer à la maison, être ensemble pour le quatrième jour car on ne se revoit que dans un mois, destinations croisées. Promettre et ne pas omettre. Faire des plans de dernière minute. Eviter le blues à chaque coin trop sombre. À moins d'être sourd, j'ai besoin de toi. Appeler les gens qu'on aime pour une dernière soirée avant le départ. Faire les valises. Avoir l'impression que c'en est devenu mécanique. Brutal réveil, il y a un an, être aux Etats-Unis, à New York très précisément. Fuir encore une fois. Penser à Paris, Agathe et maintenant Barcelone pour la journée pour voir Bruce Springsteen en concert le 20 juillet, veille de Mika. Faire céder ses parents pour Coldplay le 4 septembre. Je coule, je m'enfonce, je m'en fous surtout. Faire des plans à la comète, ne jamais s'échouer, toujours garder l'éveil. Sauf ce soir, où vautrée devant l'écran, tout dégueuler. Pour rayer une chose sur la liste ? Non, pour être mieux. What if my conclusion becomes a destination.



Les passages en italique et en gris sont extraits des paroles des chansons de Polyester.
Le spectacle dont je parle ici (à un moment ou un autre faut bien que j'éclaircisse quand même) est mon gala de fin d'année de danse classique (oui j'en fais). Et j'en suis fière, si vous saviez. Je remercie Clara, Liza, Anaïs et toutes les autres, même si elles ne passeront jamais, j'ai besoin de l'écrire.
Et oui, l'article d'avant mes chaussures de soirée, là mes chaussons de danse, non je ne fais pas une fixette sur les pieds !



Publié par No.Way

Jeudi 26 juin 2008 à 21:16

Beaucoup de choses à raconter en une semaine. Je poste moins mais plus long, ne m'en voulez pas.

Il y a eu la fête de la Musique samedi. La plus foireuse que j'ai jamais connue. Pourquoi jurer à des groupes qu'ils passeront à onze heures du soir si c'est pour qu'à trois heures du matin, on leur demande de tout remballer, tout le matériel qui ont servi à tous les groupes précédents sauf eux, leur matériel, car plus le temps, trop de bruit, les flics vous savez pas ce que c'est. Et la déception tu la connais toi ? Attendre des heures après ne pas avoir dormi de la nuit, eux qui ont répété comme des tarés en deux jours, je les connais, je sais de quoi ils sont capables mais ça faisait tellement longtemps que j'ai pas entendu leurs reprises décalées de M ou de Placebo, non mince. Alors oui, super déçue de cette organisation à la con qui laisse place aux fêtes de l'école de Musique, oubliant leur promesse à ceux qui viennent de Grenoble, Paris, Strasbourg, Caen, unis depuis si longtemps et qui n'ont pas eu leur place sur scène ce soir-là.

La photo oui, ce sont bien mes chaussures. Les chaussures d'hier que j'avais pour un mariage, celles qui me font prendre dix centimètres et trois ans de plus, à moins que ce ne soit le maquillage. Je n'aime pas trop ces ambiances, factices au possible, que dès que tu vas féliciter quelqu'un on ne pense qu'à ton mariage à toi, je répondais oui dans longtemps on verra, mais je crois que ce ne sera jamais vu ce que ça impose aux autres. Là je suis complètement décalée, il va me falloir une bonne journée pour me réveiller complètement, le temps de me rendormir en gros, et peut-être qu'après j'arriverai à penser comme il faut.

Et puis ça fait quelques articles que j'oublie de vous parler du truc le plus important pour moi. Celle qui partage mes délires de l'Indo webcam, qui pense à Boris et Nicola aussi souvent que moi, celle avec qui j'ai fait les promesses les plus dingues, Bercy, l'atéba, sa main, Paris, le café sur les Champs-Elysées [...], deux ans de promesses, deux ans de Nous. Tout ça sera concrétisé dans deux petites semaines, un peu moins en fait, treize jours. Je débarque à Paris pour cinq jours de folie avec Agathe, jour, nuit, plus. Je fais des bonds partout, c'est tout juste si je compte pas les heures (je les ai vraiment comptées et si vous voulez savoir dans 294 heures, je suis dans ses bras). Avant ça, je pars déjà le 1er juillet, mardi prochain - c'est dur de raisonner en jour en vacances - en Bretagne. J'espère poster d'ici là.

Publié par No.Way

Jeudi 19 juin 2008 à 10:58

L'écran d'Agathe.




Mon écran.




Menteuse.
: On est des grosses groupies.
June. :J'assume à mort.
Menteuse. : Toute la nuit on voyait Shoes et j'étais trop HEUREUSE QUOI. On a les mêmes bics. Menteuse. : On assume toutes les deux  

 […]  

Menteuse. : LA FENETRE. Haaan. Tu sais quoi ?
June. : Moui ?
Menteuse. : On doit avoir l'air de deux grosses boulettes avec notre conversation msn d'un côté et (MARCOOOOOO) la webcam de l'autre. Hiiiiiiiiiiiiii .
JuneMARC !
Menteuse. : Je suis folle Alice xDDD.
June. : Je suis sûre que ton écran et le mien c'est pareil attends.
June. : Lancement d'un transfert de fichier
Menteuse. : Attend je te fais la même.

Publié par No.Way

Mardi 17 juin 2008 à 21:19

Ecrit hier soir.

Tu fermes les yeux. Tu souris parce que tu entends Coldplay se disputer avec le journaliste de la BBC 1, John Machinchose. Si tu fermes les yeux, c'est parce que tu crois que comme ça, tu vas mieux comprendre leur cent dix mots balancés à la seconde. Wake up girl, you're definitely not bilingual. Doesn't matter. Tu en as marre d'attendre les "twenty-five minutes before stage" et en prime tu te tapes Jay-Z à la radio, faut pas rêver. Pièce d'à côté, ta chambre, où t'es promis de faire du rangement avant la fin de la semaine, tu es en vacances. Un à un tu vides étagères et tiroirs. L'étagère, c'est facile, ce sont tes cours de l'année écoulée. Mais le reste. Tu l'as cherché pourtant, tu sais très bien les conneries qu'il y a dedans. Ta jeune jeunesse. Les vieilles cartes d'anniversaires, les cartes postales, les dessins, les peintures mais tu t'attendais pas à cette photo où trois anciennes amies sourient alors que Coldplay is on stage now ? Deux claques en une. Les couleurs ont passé sur cette photo datant d'il y a plus de cinq ans. Ton fouillis s'amoncèle, tu as fais des piles tellement approximatives que tout se mélange. Tu descends, prends des sacs plastiques - ton renfort personnel - et tu as des envies de meurtre envers ton modem qui a planté sur la fin au piano de Violet Hill, l'enfoiré. Calmement, tu réactualises avant qu'il ne te fasse le même coup sur Clocks. Keep Cool. Tu as commencé à jeter, je dis bien commencer. Tu trouves que si tu as rangé un tiroir, il faut faire de même avec celui du dessus. Deuxième amoncèlement de souvenirs. Ton père passe à ce moment-là, vient pour te dire bonne nuit, se ravise en voyant le chantier. "Je peux laisser la musique ?". "Oui, vas-y, je comprends". Thanks Dad. Les morceaux passent, tu entrevois la fin de ce ménage de printemps quelque peu tardif, et là, tu t'arrêtes dans ton mouvement, tu murmures "putain, les enfoirés" parce que putain, Square One, c'était ton début de concert, la salle plongée dans le noir et le compte à rebours géant sur l'écran. C'est ce moment que ta mère choisit pour te faire la morale, trop de bruit, pense à ton père et pas de mais. Tu t'exécutes, éteins ton ordi et la BBC 1 en maudissant cet ordi d'être familial, quoique ça aurait évité la crise s'ils avaient joué Fix You. Crise reportée à plus tard cela dit, toi étant jeune, tu "podcast". Tu es face à ton armoire pour faire l'état des lieux après le chantier. Tu te retournes, poses suffisamment loin tes lunettes, tu reviens face au chantier et tu vois flou, tu as mis tes lunettes exprès loin pour ne plus les voir et donc ne plus rien voir, tu l'as fait consciemment, ça te permet de t'arrêter. Un coup d'œil aux poubelles, tu as jeté les failles de ton système sauf cette photo, là, et tu ne sais pas quoi en faire. Tu vas dans la salle de bains, il est dix heures et demie du soir et les seules choses que tu vois, ce sont tes boucles do'reilles, elles brillent, et les myopes sont pareils que les pies ; attirés par les choses qui brillent. Ta chambre, tu classes une dernière fois les affaires à jeter, à donner, à mettre au grenier, tes vestiges et ton histoire sont réduits à des piles. Tu penses avec une heure de décalage horaire à Coldplay, la fin pour certains. Tu te dis que tu devrais arrêter, sérieux, ça fait quatre articles que tu les bassines avec Coldplay. Ouais tais-toi. Prends ton iPod et tais-toi. T'écoutes quoi ? Bah Coldplay.

Pix : au concert de Soma du 21 marsl parce
que la fête de la Musique n'est plus.

Publié par No.Way

Dimanche 8 juin 2008 à 19:46

Et putain, putain, putain, ils l'ont fait. J'ai fini ma première écoute, la plus sacrée peut-être, l'unique, où j'essaye de capturer chaque son, chaque parole, chaque influence et je tremble, je sais plus aligner deux phrases cohérentes à la suite, je bloque, je savoure. Même si, même si tout semble compromis pour le 4 septembre, je veux y croire. Ici, Viva la Vida or Death And All His Friends (X & Y, c'était quand même plus court).

Il y a une semaine, tout s'était fini. Ça a été calme, sans heurt, sans larmes, sans rien finalement. J'ai passé neuf mois aux côtés d'eux, il s'en est passé des choses, des crises, des cris, des souvenirs, des rires et tout ça s'est envolé à quinze heures. Un geste de la main, un au revoir à la cantonade, ça a suffit à tout le monde. Comme si on s'en foutait éperdument, comme si on se revoyait le lundi matin à neuf heures. Mais non. Cette fois-là, on s'est dit au revoir pour trois mois. Ou pour plus jamais, la dernière fois que nos regards se croisaient pour certains.
J'ai passé une semaine à rebondissement, commencé par la détester puis finalement, j'ai rencontré des gens extraordinaires, sans prises de tête et le rire toujours pas loin. Eux, sortis de ce cadre de stage, je ne les aurais jamais rencontrés. Alors on passe à côté de combien de personne comme ça ? À pas sortir du cadre, à rester dans la routine, à ne pas s'aventurer ?

Et maintenant, je prends vraiment compte du sens du mot week-end, ça faisait longtemps que ça ne s'était pas passé comme ça. À voir et revoir les mêmes personnes, deux, trois jours d'affiliée, une fois un film, une autre fois une fête, un repas, un match de final au tennis. Se laisser couler en enlevant toutes les responsabilités des cinq jours précédents une fois le vendredi soir arrivé, savoir ce que c'est de revivre, d'avoir quinze ans et d'en être fier. Parce que même si on se prend les limites en plein dans la gueule et qu'on décide pas, au moins au peut oser se prendre une porte, jouer aux jeux vidéos de voiture, contre braquer un faux volant et s'étaler par terre. Et s'en foutre. J'ai longtemps détesté mon âge, j'en ai longtemps voulu au système et il y a toujours une part de moi qui n'est pas d'accord mais qui s'exécute malgré elle. Cependant, à trop regarder les mauvais côtés, on en oublie les bons. Alors merci. Merci à tous pour vendredi et hier (la liste est longue), je pense surtout à Olympe d'avoir joué les organisatrices, Sophie & Maëlle pour m'avoir suivie dans mes conneries de boulet, et pensée émue à Lise.

Je passe en Première S.

Publié par No.Way

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