« Et puis il arrive un âge où l'on a peur. Peur de tout, d'une liaison, d'une entrave, d'un dérangement ; on a tout à la fois soif et épouvante du bonheur. »
Gustave Flaubert.
Je ne sais même pas ce que je peux dire à part ça. Ce serait toute la justification de pourquoi j'ai voulu arrêter avec Lui aux alentours de dix heures, jeudi matin. Il faisait froid, je me rappelle encore des larmes qui roulent sur mes joues glacées, lui qui ne m'adresse pas un regard, pas une réponse quand je lui dis comment je me suis sentie ces derniers temps, lui ne comprend pas, n'a pas essayé en fin de compte. J'ai essayé de me persuader que c'était mieux comme ça, qu'on avait rien à faire tous les deux. Maintenant je me dis que je n'ai pas eu tort, quand je vois comment il se montre vis-à-vis de moi, les temps sont un peu durs. Il n'empêche que ça fait toujours un peu mal, surtout qu'il était le premier, le vrai.
Mais un peu de bonheur, pas besoin d'épingles pour afficher ce sourire de niaise. Agathe arrive maintenant dans moins de cinq heures, autant dire que je suis montée sur pile depuis ce matin, depuis que je me suis levée, depuis que je me suis dit que six mois après, jour pour jour, je la voyais à nouveau. Je viens de voir son article, elle aurait pu écrire celui-là aussi, j'ai dans la tête les mêmes images, Nous c'est pas pareil vraiment. J'avais à la base intitulé mon article Nous ou Rien, et voyez heh, on s'est pas concertées ni rien. Par conséquent, absence pendant cinq jours, jusqu'à samedi soir, date de son retour chez elle.
Dernière petite chose, si vous avez un minimum de conscience musicale, si vous voulez découvrir quelque chose de très bon, une valeur sûre, à travers les générations, et que vous ne savez pas par où commencer dans la carrière du boss, écouter le dernier Bruce Springtseen. Voilà, je suis retombée raide dingue, que ça faisait même longtemps qu'il ne m'avait pas autant rendue en transe. Toute la famille est comme ça, à tel point qu'un séjour road to London three days a été prévu pour le voir, mais il n'y a plus de places. Alors en attendant écoutez Radio Nowhere, l'album et la chanson éponyme aussi. À chaque fois, je m'imagine au bord d'une Cadillac rouge sur la route 66.


J'ai froid. Et je me sens vraiment très seule après avoir passé l'après-midi de samedi entourée de dix personnes que j'aime, vraiment. Etrangement, c'est comme si cette aprem' restait au second plan. C'est toujours quand on est seule que cela revient, toujours le soir, il s'y passe tellement plus. Je ne sais pas par où commencer. Mika me paraît déjà bien loin, c'est triste que la folie se soit envolée aussi vite. Maintenant j'en veux encore plus et ça devient dangereux. Trois frissons dans le dos se perdent, le creux des reins tout hérissé, ce que j'ai froid. C'est pas comme si j'avais jamais été comme ça après tout, il faudrait que je me le rentre dans le crâne. Peut-être que je ne sais pas vivre, oui après tout pourquoi pas. Il ne me semblait pas pourtant. La réflexion ne tue pas le fait de vivre, et je me suis trop souvent montrée impulsive. Plus que trois frissons en pensant à tout ce que je regrette d'avoir dit, fait, et ces fois-là où c'est le coeur avant la tête, le corps attrapé, fusillé. J'espère savoir vivre, profiter, seulement c'est toujours les mêmes questions qui reviennent, la manière et la raison. Tort ou pas, j'en sais rien. Il y a ces sentiments trop incontrôlables qui cogitent en moi. Ceux que je déteste le plus, c'est ça le pire. Situation paradoxale à l'extrême, oui, mais inévitable. Il faut l'affronter un jour ou l'autre, ne pas contenter de coucher maladroitement les maux sur le papier. Seulement au fond de moi, j'ai peur. Tear, appelez ça comme vous le voulez. Aveu bonsoir. On ne peut pas tout prévoir, fait établi qui se rajoute à cette peur. Ce qui est le plus probable pour ma part, c'est la peur de m'échec. Echouer avec Lui ou Elles, ou pire, avec mes rêves. Volà pourquoi je suis là, seule face à m'écran avec pour seule réponse à tout ça le bouton Envoyer en bas à droite de la page. On apprend pas à gérer tout ça en écrivant, non je sais. Tentative désespérée pour y voir un peu plus clair.